Jour du dépassement: comment réduire notre empreinte écologique ?

L’humanité a consommé jusqu’à ce lundi 8 août la totalité des ressources naturelles que la planète peut produire en un an. A partir d’aujourd’hui et jusqu’au 31 décembre, elle vivra au-dessus de ses moyens, selon le traditionnel calcul de l’institut de recherche international Global Footprint Network, qui souligne que chaque année le seuil de dépassement survient de plus en plus tôt.

Le « jour du dépassement global » (« earth overshoot day ») indique la date à laquelle l’exploitation par l’homme des ressources naturelles (empreinte écologique) excède la capacité de la Planète à régénérer ses ressources et absorber les déchets, dont les émissions de carbone (biocapacité).

Chaque année, ce seuil de dépassement est franchi de plus en plus tôt en raison de la croissance démographique et de l’augmentation de la consommation moyenne. En 1970, la date avait été arrêtée le 23 décembre. Depuis, elle n’a cessé d’avancer, même si le rythme a ralenti ces cinq dernières années.

La surexploitation des ressources naturelles (terres agricoles, pâturages, forêts, pêche, etc.) a conduit à l’érosion des sols, à la perte de biodiversité ou encore à l’accumulation de carbone dans l’atmosphère, principal marqueur de nos excès. Les émissions de COreprésentent ainsi plus de 60% de notre empreinte écologique globale. 

Le monde s’est pourtant fixé un objectif ambitieux lors de la conférence de Paris en décembre dernier. Pour maintenir l’augmentation des températures en deça de 2°C, voire la limiter à 1,5°C  par rapport à la période pré-industrielle, les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent être réduites de 40% à 70% d’ici 2050 et la neutralité carbone (zéro émission) doit être atteinte au plus tard à la fin du siècle.

 « La seule ressource qui nous fasse défaut: la volonté politique »

Ces objectifs impliquent des modifications de comportement et de fonctionnement à tous les niveaux de l’économie et à travers tous les secteurs. Selon Global Footprint Network, les technologies actuelles permettent d’assurer la transition mais « leur mise en place va requérir de gros efforts« . « La seule ressource qui nous fasse réellement défaut aujourd’hui est la volonté politique« , estime le co-fondateur de l’institut de recherche basé à Oackland, aux Etats-Unis, Mathis Wackernagel.

De fait, malgré l’accord sur lequel a débouché la COP21, seuls 22 pays sur les 180 signataires l’ont ratifié à ce jour, représentant 1% des émissions mondiales. Pour entrer en vigueur, le texte doit être ratifié par au moins 55 pays, générant au moins 55% des émissions à travers le monde. Les Etats-Unis (qui produisent près de 18% des émissions globales) et la Chine (20%) ont néanmoins annoncé leur intention de le ratifier d’ici la fin de l’année.

La Belgique, elle, a signé l’accord lors d’une cérémonie organisée par l’ONU le 22 avril à New York, mais ne l’a toujours pas ratifié. La procédure doit d’abord passer par les parlements des entités fédérées et du fédéral, puis par le Parlement européen qui ne pourra ratifier l accord pour l’Union européenne que lorsque tous les États membres l’auront fait. Les 28 – responsables de 12% des émissions mondiales – doivent se partager l’effort pour réduire leurs émissions de CO2 de 40% d’ici à 2030. Et à ce stade, la question de la répartition n’est pas encore résolue.

paristracker
« Source: Paris agreement tracker, données du 06/08/2016″

En marge de l’accord de Paris, certains Etats se sont cependant activement engagés dans la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Toujours selon Global Footprint Network, les énergies renouvelables ont ainsi alimenté 79% de la demande électrique au Costa Rica au cours des trois premiers mois de l’année. Le Portugal, l’Allemagne et la Grande-­Bretagne ont aussi atteint de nouveaux seuils en matière de capacité énergétique issue de sources renouvelables. Et dans un registre différent, le gouvernement chinois cible une réduction de 50% de la consommation de viande en Chine avec l’intention affichée d’ éliminer, d’ici à 2030, 1 milliard de tonnes de CO2 rejetées par la filière alimentaire.

De nombreuses villes agissent également pour réduire leurs émissions de carbone. En témoigne le réseau C40, qui rassemble 85 grandes villes engagées dans la lutte contre le réchauffement climatique à l’instar de Paris, Berlin, Sydney ou Amsterdam. On notera qu’aucune ville belge n’en fait partie…

Que faire à notre niveau?

Les efforts ne sont pas uniquement l’apanage des hautes sphères politiques. A notre échelle, nous pouvons également modifier nos habitudes de consommation et réduire nos empreintes écologique et carbone.

Savez-vous quelle est la surface nécessaire pour assurer votre mode de vie chaque année? Faites le test élaboré par le WWF et découvrez votre résultat, sachant que l’empreinte « soutenable » est estimée à 1,8 hectare par personne. S’il est excédentaire, voici deux/trois astuces pour gagner quelques mètres carrés:

  • Manger des fruits et légumes de saison et issus de l’agriculture locale
  • Apposer un autocollant anti-pub sur la boîte aux lettres
  • Optimaliser la performance énergétique de votre logement
  • Opter pour un fournisseur d’électricité verte
  • Remplacer le papier normal par du papier recyclé
  • Remplacer deux fois par semaine la viande par un substitut végétarien
  • Prendre une douche plutôt qu’un bain
  • Opter pour le co-voiturage pour se rendre au travail
  • Utiliser le train ou le bus plutôt que la voiture pour les déplacements quotidiens
  • Mettre un couvercle sur les casseroles ou les poêles lorsque vous cuisinez
  • Effectuer les distances de moins de 5 km à vélo ou à pied
  • Eviter le gaspillage alimentaire
  • Réduire et recycler les déchets
  • Ne pas utiliser l’air conditionné dans la voiture
  • Débrancher les appareils électriques restés en veille (télévision, lecteur DVD, ordinateur, etc.)
  • Diminuer le thermostat du chauffage 30 minutes avant d’aller dormir ou de quitter la maison
  • Opter pour une conduite plus calme

A l’occasion du jour du dépassement, Global Footprint Network a par ailleurs lancé une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux, suggérant aux internautes de poster leurs résolutions pour la planète avec le mot-clé #pledgefortheplanet.

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